Les Huit Heures
(Chant du premier mai)

Les travailleurs de l'usine,
De l'atelier, du bureau,
Ont des salaires de famine,
Sont réduits au pain, à l'eau.

Refrain :
C'est huit heur's, huit heur's, huit heures,
C'est huit heures qu'il nous faut
Oh ! oh ! oh ! oh !
C'est huit heur's, huit heur's, huit heures,
C'est huit heures qu'il nous faut.

Le bourgeois qui fait bombance,
Qui mange de bons gigots,
Veut toujours remplir sa panse
Pendant qu'nous rognons les os.

Refrain 

La faim force nos compagnes
A laisser seuls nos marmots ;
Pour aller douze heur's au bagne
Enrichir les aristos.

Refrain 

Pour baisser notre salaire,
On nous montre des flingots,
Pour atténuer la misère,
Malgré gendarmes et sergots.

Refrain 

A tout ça, il faut un terme ;
Nous l'aurons, mes camaros,
En répétant d'un ton ferme
Aux bourgeois, aux anarchos :

Refrain 

Assez d'vivre en bête de somme,
Trop longtemps courber le dos,
Huit heur's de travail pour l'homme,
De loisir et de repos.

Refrain 

Pour éviter le chômage,
C'est huit heures qu'il nous faut,
Allons, amis, du courage,
De l'accord et crions haut :

Refrain 


- Date : 1891.
- Texte : Étienne Pédron.
- Musique : Air de C'est à boire.

merle rouge